4ème Dire à l'Expert CHAINE

- Observations sur la déclaration du Docteur TAZARTES en date du 12 avril 2002

Le 1er juillet 2007, j'envoyais à l'Expert Gilles CHAINE trois nouveaux Dires à Expert, rédigés après avoir pris connaissance de la déclaration du Dr TAZARTES de novembre 2002 et l'avoir comparée aux écrits des Experts LAROCHE et CHAINE. Le second d'entre eux s'intitulait : « Observations sur la déclaration du Dr TAZARTES en date du 12 avril 2002 ».

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NOTA : Je n’ai eu communication de ces déclarations que mi-avril 2007, lorsque le Professeur CHAINE me les a envoyées après avoir rédigé son pré-rapport. Je n’ai pas été informée de l’existence de ce texte lors de la 1ère expertise de 2002-2003, dirigée par le Professeur LAROCHE.

Les Professeurs LAROCHE puis CHAINE fondent l’intégralité de leurs conclusions d’expertise sur ces déclarations du Docteur TAZARTES. Elles sont fausses, ne correspondant ni à mon état thyroïdien ou ophtalmologique d’avant les opérations, ni à mon état au sortir des opérations. Elles sont démenties par tous les examens médicaux qui furent réalisés.

·         Pour en finir avec la maladie de Basedow

En 1999, j’étais guérie de la maladie de Basedow depuis des années. Celle-ci avait eu pour seul effet une exophtalmie isolée, de grade I – la moins marquée des exophtalmies, ne s’accompagnant d’aucune complication visuelle. La maladie de Basedow n’était donc pas en cause, pas plus que l’exophtalmie.

·         La malocclusion palpébrale

La seule gêne dont je me plaignais était une malocclusion palpébrale. La cause directe, « interne », « physique » (et non « pathologique ») de cette malocclusion était liée à la taille des paupières supérieures par rapport à celle des globes oculaires : du fait que les globes oculaires saillaient légèrement plus qu’à l’origine (exophtalmie séquellaire de la maladie de Basedow), mes paupières supérieures, qui, elles, n’étaient pas plus longues qu’avant, n’arrivaient plus à les recouvrir totalement. Il restait un infime petit jour (de l’ordre du millimètre ou moins) entre les paupières inférieures et supérieures, par lequel la lumière extérieure filtrait. Cela me gênait quand je voulais dormir, à moins de pouvoir faire le noir total dans la pièce. L’exophtalmie (et non l’orbitopathie, terme trop général, recouvrant des atteintes oculaires autres que, et ne se limitant pas à l’exophtalmie) ne constituait qu’une cause indirecte, « externe », en quelque sorte. Pour résoudre la malocclusion, il fallait donc, non pas agir sur l’exophtalmie, mais agrandir les paupières supérieures et/ou retendre les paupières inférieures. S’il y avait le moindre risque de ne pas obtenir une occlusion parfaite, d’aggraver la malocclusion existante ou de provoquer des lésions irrémédiables qui n’existaient pas, il tombait sous le sens qu’il fallait proscrire l’opération et me conseiller d’installer des volets roulants et des rideaux occultants. Or, j’ai été opérée à mauvais escient deux fois, sans que jamais les chirurgiens m’informent des risques qu’ils me faisaient prendre à mon insu.

Avec le recul et la connaissance acquise je mesure à quel point vouloir régler un problème palpébral par une intervention sur les orbites était disproportionné et déplacé. C’était m’opérer d’un mal dont je ne souffrais pas et me rendre invalide à vie pour rien, puisque l’on ne traitait pas la gêne dont je me plaignais.

·         Subjectivation et négation des problèmes

Les termes de « sensation » et de « subjectivité », appliqués à la malocclusion palpébrale, ne conviennent pas. Il s’agissait d’une particularité anatomique explicable par les lois simples de la physique. (Voir paragraphe ci-dessus.) Que le problème persiste et soit même aggravé après l’opération n’a rien d’étonnant puisque le Dr TAZARTES ne l’a pas traité. Il m’a opérée de l’exophtalmie, et a créé, sans s’en apercevoir, une nouvelle cause d’inocclusion en fixant les ligaments palpébraux au mauvais endroit. C’est fuir ses responsabilités, ensuite, que de nier la malocclusion et de la qualifier de « persistance subjective » ou de « symptôme subjectif » – ce qui ne veut rien dire.

Si le Dr TAZARTES n’arrivait pas à objectiver la malocclusion palpébrale, il aurait dû s’abstenir d’opérer. Or, il opère ; choisit de traiter un problème palpébral par une décompression orbitaire et présente ce double paradoxe comme une démarche médicale allant de soi : « Une chirurgie réparatrice orbitaire a donc été réalisée… »

D’une part, mes orbites étaient tout à fait normales et n’avaient nul besoin de chirurgie. D’autre part, un chirurgien responsable n’applique pas un tel remède à une gêne bénigne qu’il n’arrive pas même à objectiver. Et il suit ce même raisonnement deux fois – puisque c’est avec son plein accord et approbation que j’ai accepté de me faire opérer une deuxième fois, face à l’échec de la 1ère opération qui avait aggravé mon état.

Il ne peut pas, simplement, se laver les mains de ces opérations. Je demande qu’il répare, dans la mesure du possible, les dommages qu’il a causés. S’il ne peut pas les réparer lui-même, je demande qu’il m’adresse à des confrères qui pourront le faire à sa place.

·         Voie coronale et fentes palpébrales

Lorsqu’il écrit : « La chirurgie n’a, à aucun moment, modifié le status de la paupière supérieure… », le Dr TAZARTES énonce une contre-vérité. Au mieux, il se paie de mots. En désinsérant les ligaments palpébraux externes et en les fixant, par nécessité, ailleurs qu’à leur place d’origine, on modifie ipso facto, et de façon irréversible, les fentes palpébrales. On en modifie la forme, la longueur et la tension, et on crée des dissymétries rarement évitables. Il le reconnaît lui-même plus tôt dans le texte : « Cependant, la patiente n’accusait pas d’amélioration de la fermeture nocturne de son œil gauche malgré le recul des globes oculaires dans les orbites et de la remise en tension des paupières. » Il ne peut y avoir de remise en tension des paupières sans modification de celles-ci.

Le Dr TAZARTES se trompe, cependant, sur l’effet de la canthopexie externe. En fixant les ligaments palpébraux moins loin à l’extérieur qu’à l’origine, il n’a pas retendu les paupières. Au contraire, il les a relâchées, aggravant la malocclusion. Ce qui, dans la phrase précitée, apparaissait comme une énigme incompréhensible, s’explique ainsi très facilement : les paupières inférieures bâillant beaucoup plus qu’avant, les paupières supérieures arrivaient encore moins à descendre jusqu’à elles, malgré le léger recul des globes oculaires. Incidemment, c’est aussi le raccourcissement des fentes palpébrales qui a provoqué l’accumulation de plis et rides sous et aux coins des yeux.

Si le Dr TAZARTES avait réfléchi à cela, les multiples invalidités et problèmes esthétiques engendrés par les opérations eussent été évités. Il n’a pas réfléchi, cependant, et s’est précipité pour me faire les petits yeux standard qu’il avait appris à faire alors que j’avais des grands yeux pas standard.

La modification des fentes palpébrales n’est d’ailleurs pas un sujet à controverse. Personne ne la conteste, pas même le Dr TAZARTES. Le 15 janvier 1999, je l’ai vu à la clinique, qui examinait Madame BOUVARD et s’apprêtait à lui retoucher chirurgicalement les paupières pour la 2ème ou 3ème fois, après son intervention de décompression orbitaire par voie coronale. Lors de la consultation à l’Hôtel-Dieu, le 1er septembre 2000, le Dr HURBLI (qui opère également de décompression orbitaire) m’a dit (en substance) : « Une fois que l’on a touché aux fentes palpébrales, c’est fini. On ne peut plus revenir en arrière. On ne sait pas reproduire la nature à l’identique. »

·         « résultat anatomique » et « complément chirurgical »

. Le Dr TAZARTES ne m’a jamais présenté le résultat de la 1ère opération comme « satisfaisant ». Il parlait, au contraire, de recul « modéré » de l’exophtalmie et pensait que c’était la raison de la persistance de la malocclusion. En outre, le résultat de l’opération n’est « satisfaisant » que si elle résout la malocclusion palpébrale pour laquelle elle fut prescrite. Elle eut l’effet inverse.

. Un patient ne réclame pas un « complément chirurgical ». Il réclame des solutions à des problèmes postopératoires graves. Le Dr TAZARTES ne m’a apporté aucune réponse aux questions pressantes que je lui ai posées après l’opération et, en particulier, n’a fourni aucune explication au fait que la malocclusion s’était aggravée alors que les globes oculaires avaient reculé de plus de millimètres qu’il n’en manquait aux paupières pour être parfaitement jointives. Le soir de ma sortie de clinique, il est parti en vacances d’hiver sans m’indiquer un confrère en cas de besoin. Le lendemain (16 janvier 1999), on me conduisait aux Urgences de l’Hôtel-Dieu. Pendant les mois qui ont suivi, il m’a opposé une attitude de fuite systématique, me laissant seule face à mon angoisse, à mes questions et à des atteintes ophtalmologiques et visuelles graves là où il n’y avait aucune espèce d’atteinte avant l’opération.

·         Diplopie

Bien qu’elle fût infiniment moins grave et spectaculaire que celle qui a suivi la 2ème opération, la diplopie verticale et horizontale provoquée par la 1ère opération n’était pas minime et ne se limitait pas au « regard inférieur extrême latéral gauche ». Elle occupait tous les champs inférieur et latéraux. Simplement, elle était maximale en bas et sur les côtés.

Cette diplopie s’est stabilisée mais n’a pas diminué. Un an et cinq mois plus tard elle était identique à elle-même, corrigée avec les mêmes valeurs prismatiques (résultante de 6 dioptries base temporale et 3 dioptries base supérieure). Il est donc faux de dire qu’elle était « devenue très minime en juillet 1999 », qu’il s’agissait d’une « diplopie dans le regard extrême… » ou que l’absence de diplopie en position primaire « autorisait une vie quasi-normale ». La position primaire du regard ne correspond pas à une ligne de points (tout l’horizon) mais à un point unique, le point d’intersection des 4 champs visuels. Très peu de choses sont situées strictement en face de vous. C’est quasiment rien, ramené à l’ensemble du champ visuel.

La diplopie provoquait également un torticolis oculaire, douloureux, et me gênait dans tous les actes de la vie quotidienne – en particulier pour lire/écrire, descendre les escaliers et conduire. Elle fut responsable du fait que je n’ai pas pu passer l’Agrégation d’anglais à laquelle je m’étais très sérieusement préparée en 1998-1999 et avait été admissible l’année précédente. (Les opérations mirent un terme à toute espèce de concours, comme à tout le reste.)

Le Dr TAZARTES ne m’a informée ni de la diplopie et du torticolis oculaire ni des autres atteintes visuelles qui se sont vérifiées après l’opération (rétrécissement du champ visuel ; précipitation de la presbytie ; filaments noirs dans le champ de vision ; plis et rides en zone péri-oculaire ; paupière supérieure gauche restée sidérée pendant des mois, etc.). Tout cela s’ajoutait à l’aggravation de la malocclusion palpébrale et aux problèmes dont il ne m’avait parlés que parce qu’ils se vérifient dans tous les cas : hématomes ; démangeaison de la cicatrice dans le cuir chevelu ; tendance de la mâchoire à ne pas s’ouvrir suffisamment, gênant l’alimentation.

·         Erreurs diverses

. La précision « malocclusion nocturne » n’a pas de sens. Il s’agit d’un état de malocclusion dû au fait que mes paupières ne sont plus parfaitement jointives. Cela ne me gêne que pour dormir – que je veuille dormir de jour ou de nuit. (Voir 2ème paragraphe.)

. Le Dr TAZARTES s’est trompé dans les mesures prises à l’exophtalmomètre de Hertel. Le scanner préopératoire indique une exophtalmie de 23 mm à droite et à gauche.

. J’ai une insuffisance de divergence, pas de convergence. Loin d’être « très médiocre », ma convergence est très bonne, au contraire, comparée à la divergence.

. Bien que les ophtalmologistes ne notent jamais les acuités visuelles au-delà de la norme, avant les opérations, mon acuité visuelle était de 12/10e, non de 10/10e. La 2eme opération a donc provoqué une baisse d’acuité visuelle corrigée de 5/10e, et une baisse d’acuité visuelle non corrigée en proportion. Après la 2ème opération, le Dr TAZARTES a constaté une baisse spectaculaire d’acuité visuelle. Il n’a pas noté le fait sur le compte-rendu de consultation.

. Mes paupières inférieures n’étaient pas plus rétractées que mes paupières supérieures. Lorsque la maladie de Basedow provoque une rétraction palpébrale, celle-ci touche surtout les paupières supérieures. Il est rare que les paupières inférieures le soient seules.

Mes paupières inférieures n’étaient pas non plus ptosées et les cernes sous les yeux n’étaient pas dus à la maladie de Basedow. En tout état de cause, si ptose il y avait, l’opération l’a accentuée.

Pièces à consulter 

Scanners, IRM, ordonnances de lunettes, comptes-rendus orthoptiques et photographies médicales pré- et postopératoires ; courriers au Dr TAZARTES ; compte-rendu de consultation et courriers du Dr TAZARTES ; transcriptions des conversations téléphoniques avec le Dr TAZARTES des 23 septembre 1999 et 24 octobre 2000 ; consultation aux Urgences de l’Hôtel-Dieu le 16 janvier 1999 ; compte-rendu de la consultation avec le Dr HURBLI du 1er septembre 2000.

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Azureine, victime de fautes médicales et d’expertises judiciaires bidon

 

Déclaration du Dr TAZARTES

 « Paris le 12/4/02

RENSEIGNEMENTS MEDICAUX ET DIVERSES CIRCONSTANCES

OBSERVATION CLINIQUE : Maladie en cause : Maladie de Basedow avec exophtalmie séquellaire avec sensation d'occlusion incomplète de l'œil gauche la nuit.

Mme BUCHER présentait une maladie de Basedow depuis 1985 ayant été traitée et ayant récidivée dans les années 93 à 94. Elle a après cette date, été guérie de sa maladie thyroïdienne.

Il persistait, lors de la consultation initiale, une orbitopathie séquellaire avec exophtalmie et malocc1usion nocturne gauche subjective. Lors de 1'examen initial, l’acuité visuelle était à l0/10ème ODG avec correction optimale.

L'oculomotricité notait une convergence très médiocre. L'exophtalmie au Hertel était de 26 mm du côté droit et de 27 mm du côté gauche. La patiente se plaignait d'une malocclusion nocturne pouvant être en rapport avec l'exophtalmie et la ptose des paupières inférieures, mais sans atteinte de la conjonctive, ni de la cornée. En effet, on ne retrouvait·pas de rétraction des paupières supérieures expliquant une malocclusion ne se manifestant que la nuit. Le tonus oculaire ainsi que le fond d'œil étaient normaux.

Une chirurgie réparatrice orbitaire a donc été réalisée sous anesthésie générale le 9 Janvier 1999 consistant en une décompression orbitaire de la paroi interne et latérale de l'orbite par voie coronale. Un allongement de la paupière inférieure ainsi qu'une canthopexie externe ont été réalisés dans le même temps afin de permettre une amélioration de la protrusion oculaire et de la ptose des paupières inférieures. Le recul des globes dans les orbites et la remontée des paupières inférieures qui étaient ptosées et rétractées était indiqué pour· améliorer ses symptômes subjectifs nocturnes

Le résultat anatomique post-opératoire était satisfaisant avec une diminution de l'exophtalmie. Cependant la patiente n'accusait pas d'amélioration de la fermeture nocturne de son œil gauche malgré le recul des globes oculaires dans les orbites et de la remise en tension des paupières. Elle se plaignait, par ailleurs, d'une diplopie dans le regard inférieur extrème latéral gauche devenue très minime en Juillet 1999 comme en témoignaient les divers examens orthoptiques réalisés en post-opératoire.

La patiente a été adressée par un autre praticien en Juillet 99, c'est à dire six mois seulement après l'intervention de Janvier 99 devant mon refus de réintervenir à ce stade précoce de l'évolution post-opératoire.

MA VERSION DES FAITS :

D'un point de vue anatomique la décompression orbitaire a nettement amélioré l'exophtalmie avec une diminution de la protrusion oculaire. Contre toute attente la sensation de mauvaise fermeture oculaire la nuit persistait après l'opération. L'opération n'a donc pas été productrice sur ce symptôme subjectif. Malgré les examens successifs de la patiente, je n'ai à aucun moment, pu mettre en évidence la malocclusion (fermeture incomplète de l'œil la nuit) dont se plaint la patiente : il n'existe aucune rétraction palpébrale supérieure ni inférieure et aucune irritation cornéenne, ni conjonctivale témoignant d'une fermeture incomplète de l'œil la nuit. La chirurgie n'a, à aucun moment, modifié le status de la paupière supérieure ou du muscle orbiculaire qui puisse expliquer la persistance subjective de cette malocclusion.

Il existait en revanche effectivement une diplopie dans le regard extrème et qui était en voie d'amélioration seulement six mois après son intervention comme le montraient les différents examens orthoptiques post-opératoires.

La patient a alors rapidement été demandeuse d'un complément chirurgical que j'ai refusé de faire à ce stade précoce cad 6 mois seulement après cette intervention. Elle a donc consulté un autre praticien, le Dr Hayot qui l'a confié au Dr Krastinova.

Elle a, ensuite, été opérée par le Docteur Krastinova à l'Hôpital Foch pendant l'année 2000.

CONSEQUENCE - DESCRIPTION DU DOMMAGE

- Malocclusion nocturne persistante sans élément fonctionnel ou anatomique retrouvé à l'examen clinique. Cette malocclusion nocturne n'est pas objectivable par des arguments anatomiquement évaluables lors de l'examen. La chirurgie n'a donc rien apporté sur ce symptôme subjectif.

- Diplopie dans le regard extrème inféro-latéral gauche évoluant dans le bon sens 6 mois après la première intervention. Pas de diplopie de face autorisant une vie quasi normale. »

 

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